QUI PETE, PUE
Il peut sembler étrange d’étudier un dicton de cette augure, mais cette proposition quelle que peu saugrenue révèle le caractère inéluctable de tout individu. Il paraît apodictique dans un premier temps d’étudier la structure grammaticale de la phrase pour en analyser ensuite les principaux traits.
I – Décortiquons la proposition
Qui
Pronom, proposition subordonnée relative, issu du latin « qui », que l’on prononce quoui et non cui comme le font les oiseaux. Le qui, sujet de la phrase, désigne n’importe quel individu susceptible de péter en représentant un échantillon très vague d’individu. Il ne définit pas de personne particulière mais prend en compte une dimension générale objective qui peut atteindre n’importe qui. On le différenciera de « celui qui », induisant par l’adjonction du pronom démonstratif « celui » l’affectation d’individus particuliers. Le celui cible une personne qui sera mal vue par ses camarades et qui aura la honte et élimine la mise à distance induite par le qui tout seul. Le qui tout seul , c’est bien car il faut pas montrer du doigt. Il est aussi très important de ne pas confondre le qui avec le que, ce dernier désignant un objet. Utilisons le syllogisme suivant pour comprendre le raisonnement :
- tous les individus pètent
- or, les objets ne sont pas des individus
- donc, les objets ne pètent pas
Cela permet de démontrer que la phrase « que pète pue » n’a aucun sens puisque les objets ne pètent en aucun cas, sauf les cousins péteurs, dont la configuration est étudiée pour.
Pète
Verbe du premier groupe dont l’infinitif est péter. Il est issu du latin « petere » signifiant une explosion nauséabonde. « Pète » correspond à l’action même de la maxime et lui donne tout son sens puisque c’est cette action de péter qui va permettre de se représenter ce que l’on décrit. On aurait pu grammaticalement remplacer « pète » par n’importe quel autre verbe, ce qui aurait modifié sémantiquement le dicton. Par exemple, on aurait pu dire « qui mange pue » mais la relation entre le fait de manger et de puer n’est pas forcément admise, sauf lorsque l’on avale de la cancoillote à l’ail avec du vin rouge. Mais dans ce cas, l’individu ne pue uniquement de la bouche, par le fait d’avoir mangé un certain type de nourriture mal odorante. Le fait de péter est donc ici la cause inéluctable de la conséquence qui va suivre.
Pue
« pue » est aussi un verbe du premier groupe qui donne « puer » à l’infinitif (car il est ici à la 3e personne du singulier) et qui signifie le fait de d’éxhaler une odeur désagréable. Ce verbe est issu du latin putere et certains gros macho ont ensuite crées avec ce verbe le mot « pute » ce qui les faisait beaucoup rigoler. « Pue » est la triste conséquence de l’action et cause « péter », dans ce dicton. En effet, il n’est pas nécéssaire de puer pour péter. Une simple expérience peut le prouver : restez une dizaine de jours sans vous laver ni les dents, ni le visage, ni le corps et ni les cheveux. D’une part, vous puerez et d’autre part, vous ressemblerez à un véritable teufeur si vous enfilez un manteau kaki. Cela est bien la preuve irréfutable qu’il n’est pas obligatoire de péter pour puer mais que cela peut simplement y contribuer.
je savais pas que t'avais de la sémantique au programme des thèses de socio du sport... LOL :))))
Joli exercice sur la forme... le fond se passe de commentaires...